Cultures

Permaculture, agroforesterie, transmission horizontale, respect de l’environnement, traditions locales

Les citernes poreuses

Retenir l’eau dans nos plantations : c’est une gageure et une priorité cruciale dans nos climats. L’explication de Charles, notre fondateur, en vidéo…

Merci aux stagiaires de Bacanal Production et Pierre Beccu pour les images.


L’agriculture naturelle au programme à l’école et sur nos plateaux !

Nous bénéficions de l’engagement d’un nouveau partenaire : l’association Agrinature, fondée en 2013, développe l’approche Shumei, qui consiste entre autre à bannir des pratiques agricoles tout additif tel que les engrais chimiques, le fumier animal, les pesticides… et à revenir à des techniques traditionnelles respectueuses de l’environnement et de l’humain.

C’est une notion beaucoup plus forte aujourd’hui que celle d’ « agriculture écologique » : partant du principe que la nature possède à l’origine tout ce qui est nécessaire à une saine agriculture, on n’utilise que le compost à base d’herbes sèches et des végétaux frais afin de garder le sol au chaud, humide et friable. Cette démarche a fait ses preuves, et le rendement est excellent et la qualité des produits meilleure !

Les produits obtenus sont copieux et d’excellente qualité.

Tandis que Madame Olga, de l’association Agrinature, sera garante de la bonne réalisation de ces techniques sur le terrain, Monsieur Naina viendra enseigner les techniques à l’école aux élèves et aux parents intéressés.

L’agriculture naturelle sera dorénavant inscrite aux programmes scolaires. C’est une étape de plus de notre projet « à chaque classe son potager » qui se réalise….

Atelier jardin au collège. Cette poussière rouge sera bientôt fertile !


En savoir plus sur l’approche Shumei


sorgho

« A celui qui grignote ton sorgho sans le ravager,
tu courbes même l’épi qui n’est pas mûr. »

Proberbe ivoirien

Une partie de nos rizières sont transformées en plantation de sorgho.

De nombreux avantages agricoles : 

C’est une culture triennale (le riz est annuel, il faut le replanter tous les ans). Elle ne nécessite que peu d’intrants et se montre résistante à la sécheresse, ainsi qu’à de nombreux parasites. Enfin, sa culture est bien adaptée aux hauts plateaux.


De multiples vertus nutritionnelles :

  • C’est une céréale complète, tout comme le quinoa, à forte teneur en protéines.
  • Elle est riche en minéraux et vitamines, dont entre autres : du zinc, du phosphore, du fer, du calcium, du magnésium, et des vitamines E, B et C.
  • Elle protège bien des ulcères gastro-duodénaux, d’où son intérêt en Afrique et en Asie.
  • Elle est sans gluten.
  • Elle possède des propriétés antioxydantes.
  • Son index glycémique est bas (bon aliment pour un régime diabétique).

Installation des digesteurs biogaz

Nous y sommes ! En partie grâce à vos dons.

La cuisine de la cantine et la cuisine de la maisonnée utiliseront dorénavant le méthane récupéré des bouses de nos vaches !

Le précieux combustible
nous permet de nourrir 300 personnes.

Ce cycle vertueux contribuera à notre effort de préservation de nos forêts, tout en limitant les émissions d’hydrocarbure générées par l’élevage bovin. Après méthanisation, ce qui reste du fumier reste disponible pour l’agriculture.


Après un temps de formation et de test sur des installations temporaires, l’équipe se lance dans la fabrication des digesteurs.

Comment ça marche :

digesteur biogaz
  1. Introduction des bouses mélangées à l’eau.
  2. Cuve de bio-digestion. Le méthane destiné aux brûleurs est récupéré par le haut.
  3. Évacuation du purin liquide pour son usage dans les plantations.
Canal et réservoir à purin

Les étapes de la construction, pour un coût global de 5000 € pour 2 digesteurs :


Le métayage : la règle des tiers.

Cette mesure nous permettra de subvenir de façon durable aux besoins alimentaires des enfants et des travailleurs. C’était déjà le cas pour la riziculture ; nous généralisons aujourd’hui ce principe de métayage à tous les secteurs de la production agricole, à l’aide de contrats adaptés.


Le principe : une parcelle est confiée à un travailleur agricole et à sa famille. Ils disposent des deux tiers pour leur subsistance, le troisième revenant aux besoins du Village de la Joie, c’est à dire pour la cantine et la Maisonnée.

Les semences et la formation sont dispensées par le Village, dans un intérêt qualitatif.

On change périodiquement (tous les deux ou trois ans) l’exploitant de chaque parcelle.


Deux tiers pour le planteur, un tiers pour le Village de la Joie. Le planteur gère entièrement sa parcelle, il est donc libre de revendre l’excédent de sa production une fois qu’il a subvenu aux besoins de sa famille.


Aujourd’hui, pour les besoins du Centre, le Village de la Joie rachète le deuxième tiers au métayer. Il dispose donc d’un tiers, nous rend le deuxième et nous vend le troisième.


La tagète ou oeillet d’Inde

Nous cultivons en quantité importante la tagète, ou oeillet d’inde, précieuse en permaculture.

Notre débouché est essentiellement (c’est le cas de le dire) son huile essentielle.


L’oeillet d’inde est là encore une fleur comestible aux multiples vertus, comme nous les aimons au Village :
Antioxydant, laxatif, purificateur et actif sur le système immunitaire, vermifuge. Bonne santé des yeux et de la peau (lutte contre l’eczéma, soin de furoncles). Béchique, il calme également la toux et les irritations des voies respiratoires. Vermifuge, il favorise l’élimination des vers intestinaux.


L’apport de l’association Tsiky’Tsika

Nous avons été formés en permaculture par une équipe d’ingénieurs agronomes de l’association Tsiky’Tsika, qui vise à transmettre et à faire évoluer des techniques de permaculture en milieu rural, comme en milieu urbain, tout en s’enrichissant des connaissances traditionnelles locales.

Nous partageons avec bonheur les valeurs de cette association avec laquelle nous constatons qu’une transmission horizontale et gratuite des savoirs est souvent beaucoup plus pertinente qu’une approche de type pyramidale : le rayonnement par l’exemple suscite l’intérêt du voisinage, interpelé par la qualité et le rendement obtenus.

Formation agricole

C’est un de nos engagements : le développement de l’autonomie rurale des familles par le principe d’une formation accessible à tous.

La diversification des cultures en vue d’une alimentation équilibrée, complète et variée est un de nos fers de lance.


Aujourd’hui, nous favorisons la permaculture et la transmission horizontale des savoirs : nous ne cessons d’apprendre les uns des autres et nous souhaitons que les environs du Village de la Joie en profitent naturellement dans le cadre de nos relations naturelles de voisinage.

Depuis 2006, nous recevons divers ingénieurs agronomes et agricoles pour former nos collaborateurs, par exemple plus récemment l’association Tsiky’Tsika (voir article connexe).


farine de café

Au Village de la Joie, nous récupérons la peau et la chair de la cerise de café pour en faire de la farine. On les sèche et les broie avant de les transformer en poudre, d’une mouture facile à travailler.

La farine de café est ce qu’on appelle un superaliment, ce qui a vivement attiré notre attention, et gagne en notoriété auprès des pâtissiers du monde entier, ainsi que des cuisiniers puisqu’on en fait aussi des pâtes :

– elle est savoureuse mais pas trop typée. Précisons que son taux de caféine est très faible, la caféine étant surtout concentrée dans le grain ;

– elle est sans gluten, faible en calories et peu grasse (notamment par rapport à la farine de coco) ;

– elle contient plus de fibres qu’une farine complète de céréales, elle est très riche en fer, potassium, antioxydants, protéines.

L’épopée du café

Notre goût de l’aventure, notre désir de valoriser les espèces endémiques et notre détermination à continuer de planter le plus d’arbres possible nous ont poussé sur la piste du café. Nous avons déniché dans le sud de l’île la perle rare des ingénieurs agronomes, spécialisé dans les cafés sauvages. Il a sélectionné une espèce qui pouvait s’adapter à une éventuelle rentabilité en agroforesterie dans notre contexte géographique. Nous avons créé avec lui notre propre variété d’arabica par hybridation, particulièrement qualitatif.

Les femmes préparent le terreau afin de mettre les pousses en pot.

Il a ensuite fallu acheminer avec beaucoup de soins les jeunes et fragiles pousses de café. Cette étape fut très périlleuse sur nos pistes défoncées.
Ensuite, les repiquer avec délicatesse dans des pépinières à la mi-ombre dans un terreau spécifique.

Un travail méticuleux car les plants sont bien fragiles…

Enfin, les planter en pleine terre, en prenant le soin d’amender à l’avance nos trous de plantation selon des techniques éprouvées localement.



L’effort en main d’oeuvre a été colossal, sachant que nous préférons recourir au travail des hommes plutôt qu’utiliser des machines, qui de toute façon ne pourraient pas arriver jusqu’au Village. Une centaine de recrues supplémentaires sont venus du voisinage, une aubaine pour ces hommes et ces femmes.

Les hommes creusent les trous de plantation.

Nous avons alterné les plants de café avec notamment des plants de moringa et stylosanthes, et entouré nos parcelles d’arbres d’ombrage et d’arbres coupe-vent, pour accompagner les jeunes arbustes jusqu’à ce qu’ils soient plus résistants.

Nous avons subi beaucoup de pertes les premières années en raison de la sécheresse et des cyclones, qui même s’ils sont beaucoup moins virulents que sur les côtes, sévissent surtout par la force des vents et des précipitations. Si celles-ci sont attendues avec anxiété chaque année, elles sont trop violentes pour être bénéfiques et ont tendance à faire ruisseler nos terres ferrigineuses.

Petite pause désaltérante et nourrissante.

Dans les débuts de ce projet, nous avions été aidés financièrement par un sponsor pour le nécessaire (hélas) et coûteux clôturage du terrain, ainsi que pour une partie des frais, en l’échange de quoi nous l’avons aidé mettre en place ses propres parcelles. Nous avons dû nous séparer de lui en 2019, malgré le risque économique encouru, car nos principes d’agroforesterie n’étaient pas à son goût.

En 2016, les arbres d’ombrage et les coupe-vent ont commencé à se montrer, annonçant la forêt tant désirée. Après le travail incessant et répétitif d’amendement biologique et d’arrosage, une première production de 500 kg de cerises (100 kg de café marchand) a été récoltée.

Le long et répétitif travail autour des jeunes plants a commencé à porter ses fruits.

Ce dernier tournant nous a poussé à l’autonomisation systématique de chacune de nos autres unités de production agricole. Nous avions à cet effet déjà formé toutes les équipes à l’autogestion, et chacune dégage un certain bénéfice. (voir article un tiers un tiers un tiers)
Sur le même principe, nous avons confié les parcelles de jeunes plants aux familles, afin qu’elles puissent, selon le principe de métayage, y cultiver leur potager – selon les espèces dont nous disposons et que nous encourageons, et subvenir ainsi à leurs besoins tout en dégageant un bénéfice et en participant à l’effort de la communauté. Tout le monde avait déjà été formé à la permaculture.

L’école dispose aussi de ses propres parcelles, de même que la maisonnée, comme cela était déjà le cas pour le riz ; en effet, si l’instruction prime toujours sur le travail agricole, celui-ci participe à la complétude de l’éducation et de la formation en permaculture. Les enfants sont fiers et heureux de collaborer, selon leurs possibilités. Nous sommes convaincus que dans le contexte de Madagascar, ces savoir-faire sont utiles toute la vie, quel que soit les choix d’orientation ultérieurs, et transmissibles à l’envi.

Le café porte la promesse de nous permettre d’être bientôt totalement autonomes financièrement. Actuellement nous dépendons encore des dons réguliers et ponctuels, de l’aide de nos partenaires et la retraite de Charles Mitsakis pour le fonctionnement de l’école et le soutien des études de nos jeunes. Nous espérons aussi pouvoir rétribuer un petit peu les propriétaires héritiers du terrain que nous utilisons.

Le mûrissement de nos projets demande toujours soin et patience…

En 2017, nous en étions à 65 000 caféiers !

La sécheresse reste une menace pour nos jeunes arbres…

moringa oleifera

Moringa Oleifera est l’une des espèces endémiques de moringa. Cette arbre rustique et robuste à la croissance rapide s’avère être un allié inégalable en agroforesterie, éloignant certains parasites et champignons néfastes. Nous en avons planté une bonne partie entre nos jeunes plants de café pour en encourager la pousse.


C’est aussi un excellent complément alimentaire : minéraux, oligo-éléments, acides gras, vitamines…


SRI

Que l’on ne s’y trompe pas : même si l’on parle bien de culture intensive, l’approche est très respectueuse de l’humain et de son territoire, et se veut fondamentalement équitable.
Le SRI est une combinaison harmonieuse des éléments de la relation sol-eau-plante-lumière. Elle permet à la plante d’exprimer son potentiel de production, ce que ne permet pas la pratique traditionnelle.

Il s’agit de produire le riz avec très peu de semences, d’eau, d’intrants naturels, sur un sol riche en matière organique et bien aéré ; toute chose qui favorise l’accroissement significatif du rendement…
À savoir que le sol d’ici est typiquement aride et pauvre à la base (dans notre contexte : latérite).
Les ressources humaines et matérielles, de même que l’eau sont ainsi économisés.

La culture peut s’adapter même aux contextes les plus hostiles et aux parcelles les plus petites, favorisant ainsi l’autonomie des familles les plus démunies.

Le SRI entre donc totalement en cohérence avec les principes de la permaculture.

sources : www.iedafrique.org www.passip.org


Les stylosanthes

Cette plante fourragère est aussi appelée luzerne tropicale. C’est une alliée in contournable en réhabilitation des sols à Madagascar. Elle rééquilibre les sols trop acides, les enrichit en azote, et les restructure par son puissant réseau racinaire.

Mellifère, elle est précieuse pour l’apiculture.


curcuma

Le curcuma se plaît bien dans l’Imerina. Il se montre capable de traverser les deux saisons, offre une récolte avantageuse et rarement décevante.

La transformation en poudre suit plusieurs étapes : nettoyage, découpe, séchage, broyage.



Pour l’ambiance sonore :


Après l’étape de broyage, voilà notre poudre prête à la consommation.


Avocats

Nous avons planté de nombreux avocatiers, d’une variété assez prolifique.


Physalis (ou poc-poc)

Cette solanacée est gorgée de vitamines, de nutriments et d’oligoéléments.


Le décaliçage

Agrumes

De nombreuses variétés locales d’agrumes se côtoient au Village de la Joie.

Nous en transformons une partie en confiserie.

Nous étudions la potentialité de la filière de la complémentation alimentaire. Par exemple, nos pamplemousses produisant des pépins en quantité impressionnante, nous nous intéressons aux techniques d’extraction de leur huile. En effet, ils contiennent une forte concentration en flavonoïdes. Ces molécules antioxydantes protègent nos cellules du vieillissement prématuré et stimulent notre système immunitaire.


Foresterie et reboisement

Plus de 100 000 arbres ont été plantés depuis 2005.

Nous utilisons le bois pour nos constructions, pour notre mobilier, pour la cuisine (en attendant l’installation des digesteurs à biogaz).

On a du très bon bois d’oeuvre…

Notre préoccupation majeure est de planter plus qu’on ne coupe.

Cela signifie travailler à la restauration des sols et à l’entourage des arbres, semer en pépinières, planter, arroser jusqu’à ce que l’arbre soit assez costaud pour tenir à la sécheresse, entretenir les sous-bois pour éviter les incendies.


Contexte

Le paysage des hauts-plateaux de l’Imerina se compose de côteaux arides (latérite), de vallées inondées (rizières), et de forêt (diverses espèces endémiques d’eucalyptus, de pins, de ravintsara).

Le Village de la Joie est implanté sur 84 ha. Nous y avons déjà planté des milliers d’arbres. Nous suivons les principes de l’agroforesterie et de la permaculture, dans le respect des  pratiques traditionnelles locales.

La diversification des activités et l’exigence qualitative permettent la vente dans des filières courtes d’une partie de la production : produits maraîchers, produits laitiers, plantes médicinales, épicerie fine…

De nombreuses espèces locales sont valorisées, selon des techniques évolutives : café, physalis, avocats, moringas, pamplemousses, citrons, goyaves, mangues, kakis, bananes, fruits rouges, riz, divers légumes, plantes « superaliments »…